Namastey London

L'affiche du film

Namastey London

Traduction : Bonjour Londres
Année : 2007
Durée : 2h08
Réalisation : Vipul Amrutlal Shah (sept films entre 1999 et 2018)

L'éternelle question du mariage arrangé 

Elle (Katrina Kaif, comme toujours à la limite du supportable) est née à Londres de parents indiens, elle est jeune, elle est belle et libre, et aspire à épouser un riche Anglais peu sympathique, mais anglais. 

Sauf que ses parents (Rishi Kapoor et Nina Wadia) parviennent à lui faire épouser un parent lointain lors d'un voyage au Penjab. On ramène le nouveau mari (Akshay Kumar, avec son air toujours un peu bête) à Londres, et c'est là que commence le jeu de dupes.

En parallèle, un ami d'origine pakistanaise cherche à vivre avec sa compagne, Susan, anglaise et catholique. 

On soupçonne que le mariage au pays est montré avec une plus grande douceur que la réalité de la chose.

Ce n'est pas un bon film mais...  

L'ensemble est poussif, caricatural et pas très bien joué. Le ton est parfois trop léger pour porter la force du propos, et dans l'ensemble la conclusion n'est pas bien progressiste. 

Cependant, trois thèmes du film sont essentiels, habituellement peu traités dans le cinéma de Bollywood, malgré leur importance. C'est ce qui sauve ce film d'un conformisme suffocant.

Réconciliation indo-pakistanaise 

Cette nouvelle génération issue de la diaspora se mélange : les fils et filles des Indiens vivent en paix et en amitié avec les fils et filles des Pakistanais. Et ne semble pas porter dans sa chair le traumatisme de la partition, et la tension rancie qui sous-tend toutes les relations entre Inde et Pakistan depuis 1947. 

Le racisme britannique  

Le film met en scène avec honnêteté les racismes exacerbés dont sont victimes cette diaspora, a fortiori dans l'éventualité d'un mariage interracial. Les familles anglaises sont certes caricaturées, mais le propos est fort, tout autant que l'intelligente réponse faite par le nouveau mari. 

Contradiction diasporique

Ce que le père met sur le compte du fossé des générations, la mère y voit clairement la contradiction dans laquelle ils sont pris. Les immigrés cherchent à élever leurs enfants à l'anglaise afin qu'ils s'intègrent au mieux, et ensuite leur demandent d'être dans la tradition d'un pays qu'ils n'ont pas connu, tradition qui n'est pas conciliable avec leurs mœurs européennes. 

Avec pour question sous-jacente : les enfants de la diaspora font-ils partie de la diaspora, et comment ? 

Mention spéciale 

Nina Wadia est épatante dans le rôle de la mère de la fille. Elle évoque avec justesse ce mariage arrangé passé qui l'a fait venir au Royaume Uni, et l'adaptation qui a été difficile pour elle, et pas complétement réussie. Elle dénonce en même temps avec conviction le choix incohérent de son mari de vouloir en même temps intégration et identité étrangère.

Bande-annonce 

(2mn02) 

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