Dil Bole Hadippa!

Affiche (allemande) du film

Anurag Singh 

Né en 1979 Anurag Singh réalise ici pour Aditya Chopra et Yash Raj Films un film film joyeux et progressiste. 

Il est souvent confondu avec son homonyme, réalisateur de films en penjabi. 

Fiche technique 

Titre : Dil bole hadippa!

Traduction : Le cœur dit hourra !

Année : 2009

Durée : 2h28

Box office

(environ, en raison des arrondis et des taux de change entre roupies, dollars et euros)

Budget : 3,5 millions euros

Recette : 5,5 millions d'euros

  Source boxofficeindia.com

Cricket quand tu nous tiens

La jeune Veera (la pétillante Rani Mukherjee) croit en son rêve. Tout en travaillant dans le théâtre familial, elle s'entraine pour devenir une joueuse de cricket professionnelle, dans un village qui ne possède qu'une équipe masculine. 

Afin de se joindre à la seule équipe du coin, elle se fait passer pour un homme, avec tous les quiproquos que cela peut déclencher.

Déjeuner entre hommes après l'entrainement

La richesse du propos

Les trois thèmes du film s'entremêlent : la place de la femme, l'identité de l'Inde (par rapport au Pakistan) et enfin le goût du cricket

La place de la femme

La femme est portraiturée de manière assez maladroite : Veera (Buffalo girl) est vivante mais fantasque, d'autant plus libre qu'il n'y a ni père ni mère pour encadrer son quotidien, mais un chachu bienveillant (oncle réel ou affectif) et dépassé. Alors que les deux autres pendants féminins à son personnage sont des bimbos caricaturales sans cervelle : Shanno (sa sœur) et Sonia (la prétendante lascive de Rohan). 

Une rivalité sportive

Elle donne lieu à de belles séquences sportives, malgré le caractère incompréhensible du jeu pour ceux qui n'ont pas la chance de faire partie du Commonwealth. Les règles sont opaques, ça court, ça tape dans la balle, on se regarde... Les scores sont improbables ... et cela reste haletant. Cette rivalité sportive ne masque à aucun moment la rivalité véritable qui oppose Inde et Pakistan, pourtant "enfants d'une même mère" comme il est dit dans le film. Le match annuel, sous forme de coupe pour la paix, se tient dans la nuit du 14 au 15 août, date de l'indépendance et de la partition.

Bollywood a ces vingt dernières années vu de très réjouissants films sportifs, de Lagaan (cricket aussi) à Chak de! India (hockey) en 2007, Dangal (lutte) en 2016, pour ne citer que ceux-là.

L'identité de l'Inde

Il s'agit ici d'une Inde rêvée (rurale et heureuse) par opposition à un Pakistan dont le portrait est peu fouillé. Ici il n'est pas question des maltraitances envers les faibles, que ce soit les enfants, les femmes ou les pauvres. Les scènes sont principalement tournées en plein air, lumineuses et joyeuses.

Se faire la cour au milieu des champs
 
Il est question du Pakistan, mais également - et surtout - du Royaume Uni, en particulier, et de la diaspora indienne, en général. Le film sous-entendrait que l'Inde ne peut atteindre la victoire (le mot djit revient souvent dans les dialogues) que si sa diaspora rentre au pays.

Ce que le père de Rohan ne cesse de marteler, avec une bonne dose de chantage affectif vite insupportable.

Un cinéma qui vend du rêve

Un militantisme maladroit

Il y a quelquefois dans ce film de la pédagogie à deux sous qu'on a du mal à décrypter : par exemple on ne sait pas trop pourquoi les joueurs s'inclinent devant le cortège hindou, devant le stade, tout en refusant de laisser faire des essais à la jeune joueuse.

Un tandem d'acteurs formidable 

L'immense Rani Mukherjee 

Elle est épatante dans ce double rôle : bonne actrice, excellente danseuse... Comme elle l'est par ailleurs dans d'autres films de qualité (Saawariya).

Veera à sa place de femme

Shahid Kapoor

Shahid Kapoor est fils d'acteur, comme beaucoup. Il fait partie de la génération qui a son heure de gloire vers 2000 : né en 1981, il est séduisant, radieux, et excellent danseur. Il s'associe à Kareena Kapoor pour quelques films magiques. La chemise toujours largement ouverte, il n'a pas peur d'exhiber un corps longuement travaillé (un standard récurrent à Bollywood et ailleurs).

Un personnage très occidentalisé

Faiblesse des seconds rôles

Les seconds rôles ne sont pas à la hauteur : il est bien dommage, dans ce film rondement mené, que les personnages secondaires soient délaissés. On déplore surtout le jeu ou faible ou surjoué d'Anupam Kher, qui est pourtant un acteur mature (né en 1955). Il n'est pas souvent convaincant, ni sympathique (dans ce film et dans les nombreux autres). 

Buffalo girl

On s'amuse quand Veera rencontre Rohan pour la première fois. Confrontée à ses préjugés de jeune citadin tout droit arrivé de Londres, elle se moque en parlant un anglais charabia. 

 

Les chansons : peu mais bien

Quatre chansons seulement, mais toutes entrainantes avec des chorégraphies construites et agréables. Pour n'en citer que deux :

  • Une première danse sous forme de spectacle de théâtre, avec la danse des bâtons. Shanno et en face, Veera déguisée en homme.
  • La seconde chanson Discowale Khisko met en scène une fête de village, sur fond de bhangra penjabi, et la présence de l'ami pakistanais invité. Pour l'écouter c'est ici. 
Un couple idéal

Intermission prétexte

Au milieu, l'entracte du film est prétexte pour passer deux fois la scène grivoise de la nudité sous la douche. C'est une chose assez rare que l'évocation de la nudité féminine dans les films Bollywood qui arrivent jusqu'à nous pour le signaler.

Bande annonce

Commentaires