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| Affiche flamboyante du film |
Rocky aur Rani kii prem kahaani
Traduction : L'histoire d'amour de Rocky et Rani
Année : 2023
Durée : 2h48
Réalisation : Karan Johar
Cerveau rencontre biceps
Delhi aujourd'hui. Rocky, Punjabi bellâtre, beau parleur, et tout en muscles, rencontre Rani, journaliste avertie, issue d'une famille d'intellectuels bengalis. Malgré l'océan qui les sépare, le charme opère.
Comment être sûr que cela va fonctionner ? Comment savoir si la famille de l'autre va accepter cette union contre nature ? Changer de maison pour trois mois, et voir...
Un nouvel film de Karan Johar
On l'attendait, ce septième film (sur une carrière de 25 ans, c'est un rythme peu soutenu côté réalisation). Le précédent, Ae dil hai mushkil (2016) n'avait pas été complètement convaincant.
Ici, les costumes de Manish Malotra font feu de tout bois, les chorégraphies sont inspirées, la distribution impeccable, tout autant que la direction d'acteurs.
De nombreux clins d'oeil ponctuent ce film à la belle énergie : une des danses de Devdas revisitée par deux hommes, des jeux de mots sur l'anglais dignes de Zindagi na milegi dobara, de multiples références aux titres et répliques des grands films de Bollywood.
Un vrai scénario
Le scénario est travaillé, avec bienveillance et humour. On parle de sexe, on s'embrasse, on pointe du doigt un fonctionnement familial qui n'est pas toujours questionné dans le cinéma indien. On se souvient de la question paresseusement traitée par Johar lui-même dans Kabhie Khushi Kabhie Gham.
Il y a de la tendresse, du questionnement, des miracles. Le film traverse la question des genres tout autant que la question des milieux socio-culturels et de leurs préjugés, effleure un propos psychologisant, tout en restant un divertissement populaire.
Superbe casting
Il faut tout d'abord accorder une mention spéciale à Jaya Bachchan, dans le rôle de Dhanlakshmi Randhawa, la riche grand-mère aigrie de Rocky, toute en méchanceté. Elle sort de son registre, et on l'en remercie.
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| Jaya Bachchan intraitable |
Un couple glamour
Ils sont jeunes, ils sont beaux et persévérants : d'un côté, Ranveer Singh interprète un Rocky haut en couleurs, à la garde-robe démonstrative et improbablement ridicule, Alia Bhatt (dont le talent crève l'écran depuis Gangubai Kathiawadi - lui donne avec panache la réplique dans le rôle de Rani Chatterjee.
Et leurs familles que tout oppose :
Les intellectuels bengalis
Maman Chatterjee (Churni Ganguly infiniment crédible) est professeur d'anglais, et s'exprime dans une langue pour le moins soutenue, papa Chatterjee (Tota Roy Chowdhury, au charme incroyable) est danseur de khatak.
La grand-mère Jamini est interprétée par la grande Shabana Azmi (50 ans de carrière), et se trouve avec connu le grand-père de Rocky dans sa jeunesse.
Les Randhawa drapés dans leur prestige économique
Kanwal Randhawa, âgé et diminué, est interprété par Dharmendra (60 ans de carrière) ; il est ouvertement maltraité par sa femme Dhanlakshmi et par le reste de la famille, pour le moins dysfonctionnelle.
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| Dharmendra et Shabana Azmi, un hommage à un autre âge d'or de Bollywood |
Le père de Rocky (Aamir Bashir), ainsi que les femmes de la famille (épouse et fille) tremblent devant la matriarche, dans un quotidien toxique.
Emancipation
Cette comédie romantique traverse des strates assez sombres et notamment la maltraitance familiale (de la belle-mère envers sa bru, les dépendants malmenés, l'adultère, le chantage affectif envers les jeunes...)., dont Bollywood ne parle habituellement pas.
Après deux heures de film, cette rivalité de femmes et de générations permet à chacun de cheminer vers un horizon plus serein, y compris et surtout pour les femmes Randhawa. Chacun y est un peu moins empêché à la fin du film.
On reste dans du cinéma qui fait du bien.
Bande-annonce
3mn21 avec sous-titres anglais



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