Zindagi na milegi dobara


Affiche du film

Les autres affiches du film

Un film de femme(s)

Co-écrit par Zoya Akhtar et Reema Kagri, également réalisatrice. C'est le deuxième film réalisé par la talentueuse Zoya Akhtar - toujours avec son frère Farhan à l'écran - après le très réussi Luck by chance.

Fiche technique

Titre : Zindagi na milegi dobara

Traduction : "Tu n'auras pas de seconde vie", "On ne vit qu'une fois"

Année : 2011

Durée : 2h33

La jeunesse indienne à la conquête de l'Espagne

C'est l'enterrement de vie de garçon de Kabir : trois semaines en Espagne avec Imran et Arjun.Chacun va y enterrer ses démons, et découvrir une Espagne rêvée, où l'Indien peut être roi.

Sur leur route, plusieurs femmes. La fiancée Natasha poussera la suspicion jusqu'à s'inviter dans cette aventure où elle ne devrait pas être. Sur place, les trois hommes rencontrent une belle professeur de plongée (indienne), et Imran nouera une histoire espagnole, légère et bilingue à sa façon. Cela donnera lieu à des évocations sexuelles, rares dans le cinéma indien. Une liberté sexuelle nouvellement montrée.

Le tout raconté façon road-movie, sur une bande-son entraînante et irréprochable. 

Un film choral porté par d'excellents acteurs

Les trois amis en voiture

KABIR (Abhay Deol) se fourvoie

Personnage un peu en retrait, hésitant il n'ose pas s'écouter et imposer ce qui lui tient à cœur.  Très bel acteur, il n'est pas bon danseur et pas bodybuildé non plus, comme l'excessif Hrithik) : on aimerait le voir plus souvent.

Kabir

ARJUN (Hrithik Roshan) change de voie 

Il vit confortablement à Londres, et travaille dans le monde survolté de la finance, menant une vie solitaire et morne. C'est un bourreau de travail qui accumule de l'argent pour prendre une retraite précoce, et pouvoir profiter de la vie. Musculeux et errant dans sa propre existence, ce voyage va le transformer.

Arjun sur la plage

IMRAN (Farhan Akhtar) se cherche

Il travaille dans la publicité, sur des projets auxquels il ne croit pas, hésite sur son engagement professionnel. Vulnérable, comme Kabir, il est un peu en retrait. Ce voyage lui permet de se trouver. 

Imran

Deux femmes aux antipodes

Katrina Kaif en monitrice de plongée indépendante et libérée n'est pas toujours infiniment crédible. L'actrice n'est décidément pas la meilleure du cinéma indien. Son jeu reste laborieux, et elle excelle surtout dans les poses lascives.

Katrina Kaif sur sa grosse moto

En face, Kalki Koechlin dans le rôle de la fiancée qui s'égare est excellente (jusqu'à la coupe de cheveux qui est parodique). Elle est la femme libérée qui inverse la vapeur, et fait un peu peur à tout le monde.

Natasha et Kabir

Dans le film on se moque du luxe, et il est question d'un sac à main en autruche, qui devient un des personnages du film, compagnon de route dans la voiture.

Bagwati, le sac de luxe

Jeunesse dorée mais pas seulement

Une jeunesse dorée part faire du tourisme en Europe, elle est indienne d'Inde, mais aussi elle figure une diaspora bien réelle, du Royaume-Uni à l'Espagne (les chiffres varient mais ce sont plus de 30 millions de personnes à travers le monde - en 2026).

Cette idée de l'Inde qui s'approprie l' Europe est présente depuis le début des années 1990 à Bollywood (Dilwale Dulhanya Le Jayenge se passait au Royaume-Uni et en Suisse déjà). C'est presque une obsession que de s'emparer d'un occident rêvé, avec les banalités du folklore de masse (la course de taureau, la fête de la tomate).

L'inévitable course de taureaux

On fait voyager le public, dans les petites villes de l'Inde notamment. Mais c'est un film où l'on sait se moquer de soi-même : il y a beaucoup de jeux de langage sur l'accent que ces indiens ont en anglais (ils se nomment les "mantal boys", rajoutent des mots inutiles dans leurs phrases, et c'est drôle).

Les splendeurs des paysages espagnols

C'est le portrait d'une génération hétérogène mais complice, qui réussit à régler des comptes anciens et à surmonter les incompatibilités. Des personnages qui s'interrogent sur leur travail, leur rapport à l'argent, leur enracinement. Ils considèrent pleinement la question de leur liberté et ne sont plus enfermés dans les obligations conjugales et les aliénations de la société traditionnelle.

Le film décrit d'un œil un peu narquois le personnage de Natasha par exemple. Dès ses fiançailles, elle souhaite arrêter de travailler pour se consacrer à son petit mari. Tout cela est décrit à travers le désarroi du fiancé, qui vient de s'engager auprès d'une femme indépendante et libre, et qui se retrouve à canaliser une obsédée de la carte d'invitation à la réception et à une soudaine possessivité jalouse. C'est aussi un film où les hommes se mettent au fourneau pour le plaisir (on regarderait le film rien que pour voir le charmant Hrithik Roshan préparer la paella).

Les personnages s'amusent, et c'est la force de ce film, qui est incroyablement divertissant (et ne s'use pas). L'inattendue chorégraphie du générique de fin est un bonheur.


Un extrait festif

Une scène de fiesta, robes flamenco et percussions au cajon, une jolie carte postale.

La chanson est chantée en espagnol et en hindi (sous-titres disponibles). On y observe la fluidité de Hrithik Roshan, que ne fait jamais assez danser Bollywood.

Tout le monde a l'air de s'amuser, et on imagine bien que le tournage a été un grand plaisir pour les acteurs. Communicatif.