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| Une affiche sensuelle |
Fiche technique
C'est un film littéraire, son scénario est inspiré du roman Les nuits blanches, de Dostoïevski (1848), par en rebond de l'adaptation de Nuits blanches de Visconti (1957).
Les références abondent : à l'Europe, au cinéma indien (Raj Kapoor y affleure). Les alphabets s'y mélangent sur les murs, dans un temps où cela est encore possible (le voluptueux alphabet arabe de l'ourdou a presque complétement disparu depuis l'arrivée au pouvoir de l'extrême-droit hindoue). Le tout dans des décors de cabaret, et des costumes bigarrés et identitaires.
Deux hommes pour trois femmes
Ranbir Kapoor, incarne pour son premier rôle Raj, en chapeau et gros nez. En petit fils de Raj Kapoor, il s'en inspire et l'honore en jouant sur le côté enfantin de sa masculinité charpentée. Sa vitalité rayonnante apporte une touche bienvenue de fraicheur à un film par ailleurs onirique et nocturne
Rani Mukerji est Gulab, en prostituée éblouissante, à l'anglais cocassement improbable. Sa présence et sa narration porte le film.
La logeuse Lilian surnommée Lilipop, catholique qui s'exprime en anglais, est la doyenne Zohra Sehgal (1912-2014)
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| Lilipop |
Sakina, la jeune musulmane nocturne et mystérieuse, est incarnée par Sonam Kapoor, qu'on rencontre plus tard avec plaisir dans le courageux film Ek Ladki Ko Dekha Toh Aisa Laga.
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| La mystérieuse |
Salman Khan à la masculinité extravertie - dont le choix est toujours énigmatique et agaçant - joue le mystérieux Imaan.
Des amours impossibles
Raj, chanteur sans attaches arrive dans le quartier trouble d'une ville qu'on ne nomme pas, fait de cabarets, de néons et de brume. Guidé par Gulab, une des prostituées du quartier qui le prend sous son aile et dans son coeur, il trouve pension chez Lilian.
La nuit de son arrivée, il tombe sous le charme de la mystérieuse Sakina, déambulant seule dans la ville. Mais Sakina guette chaque nuit le retour de cet homme plus âgé qu’elle aime, Imaan.
Elle ne peut offrir que son amitié au jeune rêveur, qui lui ne rend pas son affection à Gulab, dans cette ville immuable.
Décors
Le film est entièrement tourné en décors de studio (un peu carton-pâte, à la Bhansali) en clin d'oeil à Broadway : on y trouvera des cours d'eau et des ponts dignes de Venise, des enseignes new-yorkaises, un arc de triomphe... Tout y est extravagant, soigné et beau, dans une nuance infinie de bleus.
Dans ce quartier de prostitution, on navigue entre trois communautés religieuses : Lilian est chrétienne, Sakina et Imaan sont musulmans, tandis que Raj est hindou. Les dialogues oscillent entre trois langues : anglais, hindi et ourdou.
Les autres personnages de ce quartier désertique sont le choeur des prostituées, insolentes et rieuses, bien que malmenées.
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| Rani en prostituée pleine de superbe |
Ça ne manque pas de chansons
Dès la neuvième minute du film, on en est déjà à la deuxième chanson, ça s'enchaine avec les promesses de l'arrivée d'une fée. L'ambiance est sombre, lourde : irréelle et gothique.
Grand moment de lumière : la chorégraphie drôle et osée de Raj nu sous sa serviette de toilette, dans le soleil du matin.
Amour et religion
Quel est l'enjeu du film ? Évoquer les peines de l'existence, entre la tristesse et la joie, dans une histoire d'amour en abime (A aime B, qui aime C, qui aime D) ? Cette énième illustration d'un amour impossible réhabilite les bas fonds, tout en prônant le multiculturalisme religieux.
Le film ne fut pas un succès public, pas assez accessible pour un engouement populaire.
On sent de bonnes intentions dans cet élan de réconciliation, mais ce n'est pas le film le plus abouti de Bhansali, avec ses naifs personnages monolithiques voire monomaniaques. Le voir, ne serait-ce que pour le panache de Rani Mukherji et Zohra Sehgal, et ses chansons dansées qui sont un régal.
| Un coup de foudre |
Bande annonce
2mn et l'ambiance y est !





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