| Affiche du film Raja hindustani |
Fiche technique
Titre : Raja Hindustani
Traduction : Ce sont les prénom et nom du protagoniste
Année : 1996
Durée : 2h54 mn
Réalisation : Dharmesh Darshan
Né en 1972, ce cinéaste réalise en tout cinq films entre 1996 et 2005.
Un amour contrarié
Un chauffeur de taxi de campagne tombe amoureux de la riche "Memsahib" de passage. Un baiser torride plus tard, ces deux jeunes gens que tout sépare convolent. La famille de la belle s'en mêle et conspire à rompre ce mariage inattendu, afin notamment de garder entier le patrimoine immobilier... Sombres et viles intrigues, sur fond de cupidité et mensonges. L'intrigue du film est inspirée du film Jab Jab Phool Khile (1965) avec Shashi Kapoor.
De Bombay à Palankhet
La ville où se déroule l'essentiel de l'action est inventée : Palankhet n'existe pas mais on en parle beaucoup dans les dialogues. Le tournage s'est fait dans plusieurs endroits de l'Inde au nord comme au sud. Certaines scènes sont par exemple tournées à Ooty au Tamil Nadu. C'est l'occasion de pimenter d'exotisme l'aventure du spectateur.
Un casting joyeux
Karisma (quelquefois orthographié Kareesma ou Karishma) Kapoor peine à y incarner la belle, dans ce film de coup de foudre et d'amour. Elle porte assez mal le rôle de la star, ce que son maquillage excessif n'aide pas, et surtout le contraste avec sa soeur, la sublime Kareena Kapoor.
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L'époque de Bollywood où les torses étaient velus, Aamir Khan au premier degré. |
Le héros naïf et sanguin qu'interprète un Aamir Khan tout jeune, prêche un peuple indien digne, et uni malgré sa pauvreté et ses différences (Raja "roi" + Hindustani sans référence religieuse).
On retrouve avec plaisir Farida Jalal dans le rôle de la tante de Raja, ainsi que notre roi du burlesque qu'est Johnny Lever, et qui se révèle ici étonnamment bon danseur.
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| Navneet Nishan et Johnny Lever |
En second rôle, Abdur Razak Khan est ici chauffeur de taxi. On le croisera également dans Baadshah.
A la gloire du petit peuple
Le clivage social est fort et pas bien subtil. Et l'on rend hommage à l'intégrité et la dignité du petit peuple. Au fil des humiliations, c'est l'apprentissage d'un anglais artificiel qui est pointé, tout autant que la simplicité très naïve des campagnards (voir l'étonnante scène du clown).
Les riches et leur personnel y sont caricatures : belle-mère cupide et vaine, père pusillanime, chaperons aux genres inversés, dressant un portrait critique d'une société indienne huppée et avide de voyages à l'étranger.
Un film daté mais charmant
Raja Hindustani date de 1996 mais semble remonter à 1988 : la caricature appuyée, l'image un peu trouble, les bruitages excessifs, le burlesque de tous les instants, l'idée que la grande qualité d'une femme reste sa beauté...
A noter au passage une belle évocation onirique et sensuelle, plutôt rare pour l'époque, ainsi qu'une scène de baiser inattendue. Il y a tout au long du film des moments miraculeux.
Il ne faut surtout pas rater la scène épique grand-guignolesque de combat et course-poursuite à la fin du film, avec le bébé peut-être le plus laid et maltraité de l'histoire du cinéma.
Et des chansons inoubliables
Les chansons sont particulièrement réussies et n'ont pas vieilli. Les chanteurs Sapna Awasthi, Udit Narayan et Alka Yagnik s'en donnent à coeur joie, notamment pour la scène nocturne et incroyable, avec les danseuses rajasthanies, qui porte la chanson Pardesi pardesi.

Le tube Pardesi pardesi
Costumes et maquillages incroyables, chorégraphie impeccable, paroles entêtantes, le tout dans une atmosphère nocturne enchanteresse.
Pardesi, c'est l'étranger, et la chanson le dit : ne me quitte pas !



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