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| Shah Rukh Khan, star, musulman, indien |
Bollywood ?
Bollywood, ce n'est pas tout le cinéma indien, ce sont les quelques centaines de films produits chaque année à Bombay, et tournés en hindi. Un monde tout entier s'est centré autour de quelques grandes familles dynastiques.
Un masala musical
Le mélange des genres est de rigueur, dans des films populaires et longs (3h30 en moyenne), car il faut en avoir pour son argent. Y fusionnent comédie, romance, drame, action, le tout sur fond de comédie musicale. Les numéros musicaux sont en effet incontournables, filmés dans des décors quelquefois somptueux et avec des chorégraphies élaborées.
Les acteurs et actrices ne peuvent simplement se contenter d'une plastique irréprochable : il faut jouer, danser, courir, chanter, beaucoup travailler ... et c'est la multiplicité des talents qui fait les vraies stars.
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| Madhuri Dixit dans le rôle de Chandramukhi dans Devdas, 2002 |
Des thèmes lisibles
L'essentiel de ce cinéma vise un public large, et s'appuie sur des contradictions classiques : l'amour impossible, l'écartèlement entre famille et tradition, l'individu dans la communauté, le clivage musulmans / hindous, le combat pour une justice sociale, dans un pays où ne manquent ni la pauvreté, ni la richesse, ni la corruption. Ces cartes sont jouées de manière plus ou moins subtile, afin de montrer et susciter des émotions exacerbées : les sentiments sont forts et les rebondissements nombreux, sur fond d'enjeux politiques et religieux majeurs.
Une aire d'influence globale
Bollywood est populaire partout où la diaspora indienne a essaimé (en Asie du Sud, au Moyen-Orient et en Afrique, sans parler du Royaume Uni ou des Etats Unis), mais aussi en Chine et en Russie, où il est le symbole du divertissement. L'influence culturelle indienne est forte, et le sentiment d'appartenance au-delà des frontières est bien réel.
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| Affiches russe pour Devdas et chinoise pour Dangal |
L'ancrage dans une histoire glorieuse est tenace, de nombreuses fresques historiques rappelant la grandeur passée du sous-continent indien : les combats de la partition, la période coloniale, et bien au-delà jusqu'à la prestigieuse époque moghole, faisant honneur à un patrimoine architectural splendide.
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| Un des décors du film Jodhaa Akbar, 2008 |
L'éternel retour des âges d'or ?
Cette industrie connut un premier âge d'or dans les années 1950, une fois l'Inde devenue indépendante et séparée de ses régions musulmanes orientale (le futur Bangladesh) et occidentale (le Pakistan).
Un nom résume à lui seul l'enchantement de cette période : Raj Kapoor.
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| Raj Kapoor, dans Awara (Le vagabond), 1951 |
Et vient de prendre fin son second âge d'or : depuis le début des années 1990, les acteurs emblématiques se sont multipliés, d'incroyables merveilles ont été tournées aux quatre coins de l'Inde et du globe, sur des chansons souvent devenues des classiques. Les tendances y ont été contradictoires, entre films progressistes intimistes, et injonctions réactionnaires.
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| Affiche du film Dilwale dulhania le jayenge (Le brave emportera la mariée), 1995 |
Malgré un tournant moderniste et des thèmes plus contemporains (féminisme, LGBTQ+, inclusivité), cette page est tournée, avec l'engouement pour les massives productions régionales, de langue tamoul ou telougou, dont les canons sont à mille lieux de l'esthétique Bollywood (on songe notamment au film telougou R.R.R.)
Reste à savoir ce que deviendront les stars, anciennes et nouvelles, de ce monde perdu.






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